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Créé en 2016 par Laurène Genoux, DELIGHT MAGAZINE est un bimensuel digital. De la culture, de l’actualité, un ton léger, DELIGHT MAGAZINE vous divertit avec envie.

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#73 – 6 mars 2019

Ici, c’est PARIS ! Paris, j’y suis née et cela fait 32 ans que j’y vis. J’ai pointé le bout de mon nez sur l’Ile de la Cité, on fait donc plus difficilement parisienne que moi et j’en suis fière.

Paris, j’ai battu ses pavés en long et en large et la connais quasi comme ma poche. Enfant de la Rive gauche, j’ai vécu aussi Rive droite mais ma préférence va au sud. Le combo bobo/clodo, trop peu pour moi. A la frénésie incessante de la Rive droite, je préfère le calme charmant de la rive gauche. Pour une fois, la gauche a le monopole du cœur à mes yeux. Blague à part, la Rive gauche ne bouge pas ou si peu comparée à sa petite sœur, la Rive droite. Les boutiques changent peu, la population évolue un tantinet mais reste fidèle et son âme intello mais pas trop persiste. Les bobos n’ont pas encore pris d’assaut nos quartiers, le luxe qui y est né n’a pas encore réussi à tout dévorer.

Les années passant, j’ai vu tant de quartiers changer et pas franchement en bien. Ou encore s’uniformiser que j’ai commencé à moins aimer Paris. Enfin surtout, une nostalgie profonde s’est emparée de moi et je ne te reconnais plus Paris. Où es-tu passé le Paris de mon enfance, de mon adolescence, de mon « adulescence » ? Le mot liberté avait été inventé pour toi. Se balader chez toi, faire les 400 coups dans tes recoins était simple et génial. On était libre, en fonction des quartiers où l’on allait on rencontrait tant de gens, de cultures, d’ambiances différents… On pouvait escalader les grilles de tes jardins pour discuter des heures sans peur de se faire « griller », on pouvait se balader en mini jupe dans ton métro sans se faire siffler, on pouvait se loger chez toi sans perdre un bras. On vivait, on vibrait, on grandissait, on expérimentait avec toi. Avant, Paris ta nuit était belle et infinie, faire la fête chez toi était synonyme d’une longue soirée légère où l’on ne pouvait que s’aimer et s’amuser et que jamais l’on ne souhaitait qu’elle s’arrête. Maintenant c’est partout pareil et chaque nouvel endroit ressemble tristement aux autres. Peut-être que je vieillis tout simplement.

Paris change et se durcit, Paris se fracture et se mondialise, Paris se perd et s’oublie mais Paris vit. Car oui Paris, malgré mes reproches je t’aime et t’admire. Il suffit que je m’éloigne de toi pour me rappeler comme tu es grande et belle. Comme la culture que tu nous offres est immense et infinie. Quand je rentre de voyages, ce que j’adore, c’est traverser la Seine et te contempler depuis tes ponts. Paris tu m’émerveilles alors à chaque fois et devant tant de beauté, jamais, je ne pourrai me lasser.

Paris je n’arrive à t’abandonner mais dernièrement tu laisses à désirer… Ta saleté, ta pauvreté, ton agressivité m’épuisent, m’irritent, faut-il que je te quitte ? Laisse-moi de nouveau vivre à tes côtés. Chanter avec la petite dame de Saint-Germain-des-Prés accompagnée de son accordéon ; danser, sous une pluie torrentielle à minuit, sur le Champ de Mars magnifiquement illuminé par la Tour Eiffel ; traverser tes petites rues biscornues en scooter avec de l’électro à fond ; rouler à fond les décapotable sur tes quais (aujourd’hui interdits à la circulation) désertés à l’aube ; pédaler comme une tarée dans la Cour du Louvre, parée de ses douloureux pavés, vers Pigalle soutenue par les cris d’une voiture emplie de vieille canailles, pique-niquer sur tes berges par une douce nuit d’été avec coussins et chicha comme chez soi… Mes péripéties et mille et une vie à tes côtés ne sont pas toutes avouables et je les garde égoïstement pour moi. Chroniques à jamais gravées d’une Parisienne. Paris reviens, retrouve-toi, aimons-nous de nouveau, car Paris tu es magique.

Toute l’équipe DELIGHT MAGAZINE vous raconte son Paris à travers ses rubriques pour vous offrir un numéro parisien culturel germanopratin et confrères.

Paris est une fête.

LG

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