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Créé en 2016 par Laurène Genoux, DELIGHT MAGAZINE est un bimensuel digital. De la culture, de l’actualité, un ton léger, DELIGHT MAGAZINE vous divertit avec envie.

EDITO

 

NL-Les-acteurs

#80 – 3 juillet 2019

Les acteurs sont les meilleurs. Jouer fait partie des plus beaux métiers du monde. Les acteurs arrivent (pas tous, loin de là, mais essayons d’oublier les mauvais qui sont relativement légion) à nous procurer des émotions que seuls eux savent si bien maîtriser. On dit que les acteurs sont prétentieux ou tarés, on dit d’eux qu’ils sont alcooliques, tyranniques, bêtes, infidèles, méchants… On croit les connaître, on les juge à travers les journaux, interviews et autres potins dont on se délecte sans fin. Mais au fond, on ne les connaît pas et on ne sait pas quelle est réellement leur vie. Car attendre que le téléphone sonne ; être de tous les films puis disparaître, car trop vielle ou moins séduisant ; être photographié en permanence partout et surtout quand on ne le voudrait pas ; lire sur soi des horreurs, mensonges ou vérités qui blessent ; devoir sourire à tous ; signer des autographes à tout va et concéder des selfies à tour de bras ; accepter parfois l’inacceptable ; devoir jouer dans des navets pour manger ; se faire critiquer sur son physique en permanence ; voir son travail de longue haleine détruit en une critique ; se sentir jugé pour ce que l’on est ; subir le harcèlement et le dénigrement…

Personnellement, cela ne me faisait pas rêver et ne me fait toujours pas rêver. J’ai moi-même, de mes 6 ans à mes 24 ans, voulu être actrice et j’en ai fait des cours et des écoles pour décrocher le plus grand rôle de ma vie. Mais je n’étais pas actrice dans l’âme, je n’étais pas prête à vendre mon âme au diable et accepter les humiliations et perversions de ce métier. Car il en faut du courage pour persévérer quand on connaît l’envers du décor. Il en faut de l’abnégation pour toujours aimer jouer quand on est dans le métier. Actrice je me rêvais, je ne l’ai pas fait. Et si parfois, je le regrette et me surprends, devant certaines actrices, à les admirer et les envier, le temps d’un film au rôle féminin extraordinaire, non, rien de rien, je ne regrette rien. J’ai adoré jouer dans des courts-métrages, participer à cette énergie créative, me servir de ma réalité pour interpréter, me déguiser, me faire aimer, mais un jour il y eut la professeur perverse narcissique de trop, le jeune comédien en pseudo-thérapie de trop, le manque de talent aussi de trop. Car du talent il en faut, même si malheureusement ce ne sont pas toujours les meilleurs qui réussissent (du moins dans notre cher pays). J’ai arrêté oui, quand j’ai senti que je ne pouvais pas donner plus et que me faire vampiriser ma sensibilité était trop pour moi. J’ai arrêté, car je n’étais pas Audrey Hepburn, ni Brigitte Bardot, ni Catherine Deneuve, et toutes ces formidables actrices depuis la nuit des temps. J’étais juste moi et c’était bien comme ça, mais pas au cinéma…

Aujourd’hui, je suis actrice de ma vie et c’est mon plus beau rôle.

Pensées émues pour tous les acteurs auxquels on ne pense pas, que l’on ne voit presque pas ou que l’on a oubliés. Remerciements sincères pour tous les acteurs qui me font rire et pleurer le temps d’une soirée.

Toute l’équipe DELIGHT MAGAZINE se l’est jouée actrices et acteurs pour vous pondre un scénario/numéro digne d’un oscar !

« Être acteur, c’est voir en permanence ses faiblesses exposées face à la caméra. » (Emir Kusturica)

LG

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