Le parc naturel catalan et sa communauté insoumis.
24 Nov

Le parc naturel catalan et sa communauté insoumis. .

DAME NATURE | JCC | 0 Commentaires

Juchée en haut des collines du parc naturel de la Serra de Collserola, à quelques encablures de la trépidante et effervescente Barcelone, une loufoque communauté a élu domicile. Les papillons virevoltent entre les fleurs sauvages, les enfants jouent à cache-cache dans la cour en riant, les jardins sont verdoyants : bienvenue à Can Masdeu.

Can Masdeu, kézako
Il s’agit d’un écovillage habité par d’irréductibles okupas (l’équivalent de nos squatteurs français). Ces néo-hippies sont arrivés en 2001 en situation clandestine, mais à force de s’enchaîner aux barreaux des radiateurs comme des forcenés au moment de se faire déloger, la policia et la municipalité ont déclaré forfait. Cependant, après quinze années d’occupation, Can Masdeu possède une légitimité et une utilité en gérant notamment des potagers communautaires pour une centaine de voisins, principalement des retraités. Il programme aussi de multiples activités socio-éducatives autour de l’environnement, de l’agro-écologie ou de l’apiculture urbaine. A Can Masdeu, la dimension politique est au cœur du projet de vie. Lutter contre le monde de l’argent, le bruit et la rapidité. Proposer un mode de vie basé sur la coopération collective et la coexistence entre les générations et s’extraire de la logique mercantile. Hippie hiphourra !

Des activistes « No Pasarán »
Que nenni ! Ce petit îlot de resistencia n’est absolument pas « anti-social », bien au contraire. Ils ouvrent tous les dimanches leurs portes et chacun peut profiter des produits bios et locaux, principale source de revenus pour la communauté. Plus loin dans la maison, à défaut de Spirou et Tintin, les bambins s’abreuvent de lectures sur l’agriculture, sur les luttes sociales (ce bon vieux Karl Marx fait toujours recette) ou encore sur le féminisme. Pendant ce temps, maman ou papa troquent leurs vieux Zara inutilisés. On peut même postuler pour entrer dans la Petite Maison dans la Prairie version Costa Brava en déposant un mot sur le mur d’annonces. Et ici, pas besoin de garant les gars. Mais attention, ce mode de vie marginal se travaille. Pour que le groupe fonctionne, il faut être disposé à changer les choses, à mettre de l’eau dans son vin pour éviter les conflits, à être capable d’écoute et d’empathie, à penser le bien commun. L’individualisme… aux oubliettes ! Enfin, chaque habitant paie 45 euros par mois pour toutes les dépenses et doit aussi travailler entre 30 et 48h par mois pour la communauté. Cueillette de tomates pour Miguel cette semaine.

Bien que difficilement envisageable à grande échelle, nous avons tous à apprendre d’un mode de vie tourné vers l’autogestion, l’autosuffisance, le respect de l’environnement et les valeurs morales. Soyons un peu plus Laura (Ingalls) et moins Nelly (Olson) et aimons-nous vivants comme dirait François Valéry.

JCC

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