L’Onirisme en héritage
24 Nov

L’Onirisme en héritage .

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La Catalogne au désir d’indépendance si ardent finira-t-elle par imposer l’idée d’un nécessaire divorce politique avec l’Espagne ? La question divise et brûle nos voisins ibériques aujourd’hui. Ma porche te vas Cataluña ?

Outre une langue différente, la région semble cultiver sa singularité notamment par les œuvres surprenantes d’un Gaudí ou d’un Dalí, nés respectivement à Reus et à Figueras. Alors loco, loco les artistes catalans ?
Si l’univers onirique de Gaudí tout en couleurs et courbes reflète en réalité les formes de la nature, son Art Nouveau très personnel fait de Barcelone un fief hors du commun à l’architecture fantaisiste.
Du côté de Salvador Dalí, sa personnalité loufoque et ses tableaux surréalistes confirment la tendance catalane à se démarquer, jusqu’à ses moustaches relevées à l’excès. Chef de file du surréalisme pictural, l’artiste n’hésite pas à provoquer et fanfaronner : « La différence entre les surréalistes et moi, c’est que moi, je suis surréaliste. » Rien que ça… Et hop, dans vos dents André Breton et tes apôtres !
Très porté sur la mode, Dalí s’inspira de Coco Chanel, travailla aux côtés de Christian Dior sur un projet quelque peu farfelu, et collabora de manière fructueuse avec Elsa Schiaparelli dans les années 1930. L’indépendance d’esprit d’une styliste comme Elsa, adepte de l’absurde, ne pouvait manquer de convaincre Dalí.
Prenez une chaussure, posez-la sur votre tête en guise de couvre-chef et vous voilà muse de Schiaparelli ! Bien vu Salvadore… El famoso « chapeau-chaussure » est né d’une photo du peintre prise par su corazón, Gala. Donde esta la cabessa dans tout ça ?
Autre exemple de cette fusion surréaliste : le « tailleur-tiroirs » de Schiaparelli explicitement inspiré du tableau Cabinet Anthropomorphique de 1936.
La « robe homard » témoigne quant à elle d’une réelle collaboration : en 1937, Schiaparelli demande à Dalí de peindre son célèbre homard sur une sage robe en organdi blanc. Le homard prend une place énorme et vient se placer à un endroit intime…
« Comme les homards, les jeunes filles ont l’extérieur exquis. Comme les homards, elles rougissent quand on veut les rendre comestibles. » Impertinente irrévérence dalinienne qui coûtera à la duchesse de Windsor son éviction du trône par son mari après avoir posé pour Vogue dans cette robe diablement suggestive. Le homard, c’est muy caliente quand c’est les « DaSchiaparellí » qui le font passer à la casserole !
 
Ultime création phare issue de cette rencontre : la « robe larmes » de 1938 au style presque fantastique. Très Noces funèbres (à la Tim Burton), cette beauté macabre paraît sortir tout droit d’un tableau perturbé de Dalí : Trois jeunes femmes surréalistes tenant dans leurs bras les peaux d’un orchestre ou Le Printemps nécrophilique. Sèche tes larmes, pequeñita… ce n’était qu’un rêve.

Volonté de marquer une différence, esprit de rébellion et ego fortement dimensionné forment donc l’identité catalane. Peut-on pour autant souhaiter aux Catalans que leur rêve d’indépendance devienne un jour réalité ? Seul Dalí nous le dira…

IG

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