Le Paris de Truffaut
06 Mar

Le Paris de Truffaut .

CINOCHE | HN | 0 Commentaires

A Paris, dans les années 60, les voitures polluaient, mais les constructeurs français savaient encore faire des automobiles. Hidalgo n’enquiquinait encore personne et Truffaut faisait des films. Pas de Paris Plages donc, mais une nouvelle vague. On savait faire de bons films avec trois francs six sous. C’était l’époque où on savait encore écrire des dialogues. 

Dans Baisers volés, sorti en 1968, on a le plaisir de retrouver Antoine Doinel, l’espiègle des Quatre Cents Coups (Jean-Pierre Léaud), neuf ans plus tard. Et il a bien grandi. Les cheveux courts ont laissé place à une mèche qu’il ne quittera plus. Il est désormais fiancé à Christine Darbon (Claude Jade) et cherche un petit boulot à la fin de son service militaire. Après une mauvaise expérience de veilleur de nuit. Il deviendra détective privé. Il devra alors espionner la femme d’un marchand de chaussures, Georges Tabard (Michael Lonsdale), en travaillant comme vendeur dans sa boutique. Le mari la soupçonne d’adultère. Mais la jeune recrue sera déconcertée, car cette femme incarnée par Delphine Seyrig lui fera des avances. Une MILF avant l’heure, en somme.

On retiendra aisément son nom grâce à la célèbre scène du miroir où Jean-Pierre Léaud le répète avec conviction dans sa salle de bain : « Fabienne Tabard, Fabienne Tabard, Fabienne Tabard ! » Truffaut signe là un de ses meilleurs films. Ses deux acteurs fétiches y sont pour quelque chose, dégageant un charme très français. Les paroles de la musique du générique « Que reste-t-il de nos amours ? », interprétée par Charles Trenet, donne son titre au film.

Baisers volés est un film maîtrisé qui alterne légèreté, sérieux et poésie.  Truffaut fait de chacune de ses scènes de petits sketches sublimés par la diction, la maladresse et le naturel de Léaud. On s’amuse à découvrir (ou à redécouvrir si on a vu Les Quatre Cents Coups ou Antoine et Colette) les rues de Paris dans les années soixante dans ce film, grâce aux scènes de filature. On ne dit pas « Paris Je t’aime » mais « Paris Je t’aimais ».

HN

  • Bande annonce de Baisers Volés :

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