Cubisme
31 Mai

Cubisme .

CINOCHE | HN | 0 Commentaires

Avec The Square, vous ne verrez plus jamais les musées de la même façon, ni ceux qui les font vivre. Cette Palme d’or 2017 est suédoise. Le film réalisé par Ruben Östlund nous narre l’histoire de Christian (Claes Bang), la cinquantaine, père de famille bobo divorcé. Ce conservateur réputé d’un musée suédois prépare une exposition intitulée « The Square ». L’œuvre est un simple carré à l’intérieur duquel les spectateurs seront appelés à être altruistes. Financée par de riches mécènes, elle a pour but de mieux prendre en compte les besoins des autres et la pauvreté : « Le Carré est un sanctuaire de confiance et de bienveillance. En son sein, nous avons tous les mêmes droits et les mêmes devoirs. » Pourtant lorsque Christian se fera voler son smartphone, toutes ses valeurs vont s’écrouler.

Avec The Square, le réalisateur de Snow Therapy (2014) s’est offert un casting international. On retrouve Elisabeth Moss (Mad Men,The Handmaid’s Tale) qui incarne une journaliste américaine et Dominic West (The Wire, The Affair) qui campe un artiste contemporain. The Square est un film culotté avec un humour bien particulier, bien scandinave. Chaque scène prend à contre-pied le spectateur. Chaque scène creuse encore plus profondément dans l’absurdité et l’hypocrisie de notre société. Au fur et à mesure, les masques tombent. Il faut voir ce film comme une fable moderne. Une fable sans anthropomorphisme. The Square est un film philosophique dans le sens où il nous questionne sur les limites de l’art moderne et ses dérives. Dès la première scène, on nous prévient. « Si on pose votre sac à main dans ce musée, est-ce que cela devient de l’art ? ». 

Le réalisateur tire à balles réelles, il ne se contente pas que de l’art. Il critique également les réseaux sociaux, l’écologie, les galas, etc… Mais Östlund ne fait pas que critiquer, il filme à la manière de Kubrick, de Paul Thomas Anderson. C’est un génie de la caméra. Bref, ce film est un chef d’œuvre dont les deux heures et demie ne semblent ne durer qu’un instant. En se jouant de l’art contemporain, The Square devient malgré lui une œuvre du septième art. Ce long-métrage aux abords bien-pensants dans un des pays les plus bien-pensants de l’Europe est pourtant sûrement l’un des plus réac’ et acerbes de cette décennie.

HN

  • Bande-annonce du film :

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