L’Harmonie selon Ren Hang
29 Oct

L’Harmonie selon Ren Hang .

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Mode et nature ne font pas toujours bon ménage, en témoignent le gaspillage monstrueux qu’engendre l’industrie du prêt-à-porter ou l’amour meurtrier des fourrures et accessoires en peau de croco. La fabrication et la vente de fourrure viennent d’ailleurs d’être interdites dans l’Etat, décidément toujours précurseur, de Californie.

Pourtant, à travers les clichés de Ren Hang semble se dégager une harmonie possible entre êtres humains, mode et nature. Né en 1987 à Changchun, au Nord-Est de la Chine, et mort par suicide en 2017 à la veille de ses trente ans, Ren Hang est surtout célèbre pour ses nus, censurés dans son pays, adoubés en Occident pour leur renouvellement frais et spontané du genre.

Le nu n’est pas un signe de contestation, ni une provocation pour Ren Hang qui ne prétend pas divulguer de message politique à travers ses œuvres. Il pourrait représenter plutôt un certain retour à l’état naturel de l’être humain, à sa nudité originelle, et dont le corps est ainsi rapproché du monde animal et végétal.

Avec son appareil argentique Minolta, simple et léger, le photographe prend sur le vif ses amis ou des modèles recrutés via Instagram, sans lumière artificielle, parapluie, ni assistant.

Peu d’éléments et peu de couleurs viennent distraire l’œil du spectateur ; au contraire, chaque élément et chaque couleur occupent une place essentielle dans la composition. Les corps s’imbriquent entre eux, épousent le vivant de manière ludique, esthétique et poétique. Souvent, trois couleurs contrastées s’imposent et séduisent : un fond blanc, du moins uni, des corps pâles, des bouches rouge écarlate, des yeux et des cheveux noirs de jais.

Au sommet de sa gloire, en 2016-2017, le photographe se mit à habiller ses modèles lors de séries de clichés pour des magazine de mode comme Antidote, L’Officiel, Libertin Dune ou de stories pour les collections d’Opening Ceremony. Fidèle à son art, Ren Hang laisse à la nature une place de premier choix. Fruits, fleurs, reflets de l’eau, ciel et roches ne sont pas des éléments décoratifs mais investissent le cadre de leur présence et complètent les tenues.

Orchidées, grenades et herbes hautes sont transformées en tenues de camouflage, protégeant et embellissant l’espèce humaine. Ici, des femmes-poissons attachées par la queue de leurs robes aux couleurs complémentaires du fond ; là, une femme-aigle déploie ses ailes de manteau rouge vif du haut de son rocher suspendu dans la nuit.

La fraîcheur des photographies de Ren Hang venait donc réenchanter notre rapport souvent inquiet et accusateur au monde et à la mode. Paix à son âme.

IG

Source vignette : « Crimson » (source : www.libertin-dune.com)

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